L’indépendance économique des femmes est essentielle

L’indépendance économique des femmes est essentielle

L’égalité entre les femmes et les hommes implique une visibilité, autonomisation, responsabilité et participation égales des femmes et des hommes dans tous les domaines de la vie publique et privée. Elle implique également de valoriser de manière égale les femmes et les hommes et d’assurer leur égalité dans l’accès aux ressources et dans la distribution des ressources.

L’égalité de genre vise à modifier les structures sociales qui contribuent à maintenir des relations de pouvoir inégales entre les femmes et les hommes. La réalisation de cet objectif est essentielle pour la protection des droits humains, le fonctionnement de la démocratie, le respect de l’état de droit ainsi que la croissance économique et la compétitivité. Depuis des décennies, l’instauration de l’égalité de fait entre les femmes et les hommes figure au premier rang des priorités du Conseil de l’Europe. Un cadre juridique et politique exhaustif a donc été développé dans ce domaine.

Cependant, bien que le statut juridique des femmes en Europe se soit amélioré, l’égalité réelle est loin d’être acquise. La violence et la discrimination perdurent dans de nombreux secteurs, maintenant les femmes et les hommes dans leurs rôles traditionnels et empêchant la pleine réalisation des droits humains des femmes.

L’indépendance économique des femmes est essentielle pour réaliser l’égalité de genre.

Bien que, dans la plupart des pays, un arsenal législatif important soit en vigueur depuis plusieurs décennies dans ce domaine, les progrès sont très lents. Les femmes ont un accès plus limité aux ressources économiques en Europe : elles possèdent moins de biens, occupent souvent des postes précaires et moins bien rémunérés et continuent d’être, de manière disproportionnée, touchées par la pauvreté et par la discrimination au travail. Dans la plupart des pays, les femmes ne gagnent en moyenne que 60 à 75 % du salaire des hommes et, en ce qui concerne les retraites, l’écart moyen entre les sexes atteint 39 % dans les 28 États membres de l’Union européenne (UE).

Malgré les changements de politique et les progrès accomplis par des femmes et des filles à titre individuel, les inégalités entre les femmes et les hommes, les rôles traditionnellement dévolus aux deux sexes et les stéréotypes de genre persistent dans tous les domaines, notamment à la maison, dans l’éducation, dans les médias et dans le système judiciaire. Bien qu’elle soit mieux étudiée et fasse l’objet de lois, la violence à l’égard des femmes sous ses différentes formes reste la violation la plus répandue des droits humains des femmes en Europe.

Ces cinquante dernières années, le taux d’activité des femmes a régulièrement augmenté dans les pays européens

Mais s’agissant du travail de soins non rémunéré, les inégalités entre les femmes et les hommes sont une caractéristique persistante des relations entre les sexes. Les stéréotypes de genre continuent d’influer sur le partage des tâches ménagères et du travail de soins entre les femmes et les hommes, les premières continuant à accomplir la majorité de ces travaux non rémunérés. Cette situation limite la capacité des femmes à occuper un emploi salarié, d’où une moindre visibilité et une participation à la vie sociale et publique plus faible.

S’agissant des médias, les images qu’ils donnent des femmes et des hommes ainsi que le rôle qu’elles et ils occupent au sein de la profession sont fortement influencés par les normes sociales et culturelles existantes. En 2015, les femmes ne représentaient que 25 % des sujets d’actualité et 17 % des expert-e-s présent-e-s dans les médias en Europe. Les médias sont omniprésents dans nos vies et jouent un rôle majeur dans la formation des mentalités, en devenant plus sensibles à la dimension de genre, ils peuvent être un puissant vecteur de progrès en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.

L’éducation, autre secteur qui peut grandement promouvoir les changements sociaux, regorge également d’exemples de stéréotypes de genre négatifs. Ces derniers sont présents dans le comportement et les méthodes d’enseignement des professionnel-le-s de l’éducation, dans les services d’orientation professionnelle et dans les manuels scolaires qui continuent de transmettre des normes culturelles traditionnelles, négligeant aussi de refléter pleinement la contribution des femmes aux sciences, à l’histoire et aux arts.

Ces stéréotypes de genre ainsi que l’objectification et la sexualisation largement répandues du corps des femmes dans les médias et la culture de masse, qui laissent entendre que les femmes ont un statut inférieur aux hommes et sont en permanence sexuellement disponibles, ainsi que les coutumes et traditions discriminatoires, contribuent à légitimer le traitement des femmes comme des membres subalternes de la famille et de la société.

Cet état de fait conduit à une situation où les tribunaux eux aussi accordent fréquemment moins de poids aux témoignages des femmes.

En particulier dans les dossiers de violences sexuelles ou de traite des êtres humains, les femmes sont confrontées à la honte, risquent d’être harcelées et exposées à des représailles et peuvent être tenues de fournir un niveau de preuve plus élevé. En Europe, seule une minorité des cas de violences sexuelles sont signalés et la majorité des viols signalés n’aboutissent pas à une condamnation. Même si le taux de condamnation varie beaucoup parmi les États membres, dans certains pays, ce taux ne dépasse même pas 5 %.

Les difficultés que rencontrent les femmes pour accéder à la justice sont de graves obstacles à l’élimination des violences faites aux femmes. Sous leurs nombreuses formes, ces violences restent largement répandues dans l’ensemble des 47 États membres du Conseil de l’Europe. Par exemple, une femme sur trois dans l’UE a été confrontée à des violences physiques ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans. Les progrès en matière de réformes politiques et juridiques pour mettre fin aux violences à l’égard des femmes et garantir leur sécurité sont lents. Seule une minorité d’états membres du Conseil de l’Europe, par exemple, fournit un nombre suffisant de places en foyer pour les survivant-e-s des violences fondées sur le genre et de nombreux types de violence ne sont pas érigés en infraction pénale dans l’ensemble des 47 États membres du Conseil de l’Europe. La ratification de la Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul) par un nombre croissant de pays devrait accélérer le changement à cet égard. 

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